Sunday, January 01, 2006

La cohabitation, c'est dur!

Vers l’âge de 9, 10 ans, j’ai du cohabiter avec ma sœur dans sa chambre. Pendant que nos parents travaillaient dans la mienne, nous on préparait un sacré bordel.

C’est bien simple, on accumulait les conneries. Chaque jour en appelait une nouvelle, sortie tout droit de nos ptites têtes.Ca bouillonnait à l’intérieur. On avait pas peur de la page blanche.

Un jour, alors qu’on se chamaillait et que le ton grimpait sérieusement, style noms d’oiseaux gentillets, mon père a vite fait redescendre la tension environnante.

-« Si vous voulez une trempe tous les jours, c’est pas un problème vous savez ! moi ça m’dérange pas ! » nous disait notre père.

On l’a pris au mot. On aurait pas du.

Un soir, alors qu’extinction des feux signifiait le silence totale, on s’amusait à prononcer des mots, pas trop fort non plus à une minute d’intervalle.

-« Lumière ! Lumière ! » qu’on criait. Nous ça nous faisait bien rire. On devait être les seuls apparemment.

-« Tiens, en voilà d’la lumière ! nous rétorquait notre père en l’allumant et en prenant son chausson à la main.

La nuit n’a jamais été aussi calme après.

Après une bêtise démasquée, on reconnaissait bien la démarche montante de notre père dans les escaliers. D’après elle, on savait tout de suite ce qui allait se passer. Sa démarche était image de ses intentions. Nous étions tels des météorologues prédisant une tempête imminente.

Bref, on a une droit pendant cette semaine à un bel éventail de douceur : mains velues bien fermes, martinet, badine etc, etc…

Le pompon ça été quand on cassé le sommier du lit, à force de sauter dessus à pieds joints. Il était en agglomoré. Agglomoré ou pas, nous ça nous disait rien. Enfin, si, c’était pas solide du tout, tout ça.

D’ailleurs, la caresse de la cuillère en bois de ma mère sur nos cuisses nous a paru bien plus solide.

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