Wednesday, September 27, 2006

On est "cui"

A midi, pour la pose déjeuner, j'avais décidé de prendre un sandwich crudités aux graines de pavot.

Durant toute la matinée au boulot, j'en avais rêvé à un point tel que je m'étais surpris à baver sur mon classeur de droit aérien.

Les tomates confites avaient un arôme délicieux.Ces tomates ne faisaient pas que flatter mon palais, elles le draguaient ouvertement.

Je m'étais assis dehors sur un banc en bois exotique.Il faisait frais, frisquet même.Mais cela me faisait du bien.Je respirais à plein poumon.

Je laissais pénétrer cet air frais ( chargé de kérozène, libéré par les centaines d'avions décollant au dessus de ma tête) au plus profond de moi jusqu'à ces millions d'alvéoles pulmonaires assoiffées.Tel un patriarche, je prenais soin que les tous petits soient rassasiés.

Tandis que je m'interrogeait sur la méthode que j'allais utilisé pour installer mon parquet dans les chambres, est apparu un pti moineau.Petit mais bien grassouillet tout de même!

Il se planta à 15 centimètres de moi ou plutot à 15 centimètres de mon sandwich.Il me regardait droit dans les yeux.Il aurait eu la parole que je n'aurais pas été étonné du tout qu'il m'eu demandé:

-"Salut! T'aurais une petite bricole pour moi s'il te plait? Juste pour dépanner"

Dans un premier temps, je lui lançait de tous petits morceaux de pain qu'il avalait avec ardeur.Il se régalait littéralement.Quel festin même!

Puis sont apparus plusieurs convives, timides de primes abord.

Dans un premier temps, je leurs lançais de petits morceaux à une distance de sécurité afin qu'ils ne prennent pas peur, puis petit a petit, je rapprochais les jets.

J'avais l'impression d'être Dieu, plein d'amour, leurs montrant le chemin de la vie.La nourriture je leurs fournissais en abondance pour qu'ils ne manquent de rien.Mes gestes étaient souples et discrets.J'étais heureux.Eux aussi.Cela me suffisait.

Puis il y eut comme un hic.Les pti moineaux ont commencé à se chamailler, se quereller.C'était à celui qui aurait le plus gros bout, délaissant les plus petits.Ca échangeait des mots doux!!

'"-Cui cui cui cui cui!!!" dis le premier, sur le ton de: "mais casses toi ta mère!!!!"

"-cui cui?" cui cui répondis l'autre, du style:" kes t'as? viens là!!"

Les plus petits en payaient les pots cassés ne réussisant à glaner que de rares miettes.

Ca devenait le bordel.Devais-je intervenir?

-"Oh que non!!!" me dis-je.

Je leurs donne tout, ils ont de l'amour, de la nourriture à sassiété et je ne leurs demande rien en retour.

Le souk, c'est eux qu'ils le mettent, je n'y suis pour rien.Intervenir serait de l'ingérance de ma part.

Puis, une fois qu'ils eurent ce qu'ils voulaient, ils foutèrent le quand d'un coup, comme ça, sans crier gare.Sans dire au revoir, sans dire merci.

Ah ça, quand il y a des problèmes, quand ils sont acculés, ils savent vers qui aller! Par contre quand ils ont soulagé leurs egoïsmes, dans la splendeur de leurs ingratitudes, je n'existe plus!!

Ah les pti cons!!

C'est marrant mais ça me rappelle quelque chose...

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