Wednesday, September 27, 2006

Un orage qui laisse des traces...

On s'est tapé un putain d'orage aujourd'hui. Ca faisait bien longtemps que j'avais pas flippé comme ça! Ca, je faisais moins l'malin.

Heureusement, j'ai pu m'abriter dans les sous-sols glauques de la gare SNCF où s'entassaient des dizaines et des dizaines de pommés comme moi.On se serait cru dans une cave éclairée par une lumière jaunatre et blafarde.

Il était impossible de pénétrer sur les quais, balayés par le vent, la pluie et la grêle que nous récupérions en bas de l'escalier.On pataugeait dans la flotte.

Quand j'étais petit et que j'apercevais une flaque d'eau, je me précipitais le plus rapidement possible afin de devancé le fameux:

-"marches pas dans l'eau!!!! tu vas avoir les pieds trempés!!!et une gifle en prime!!"

En bas de l'escalier, personne n'a reçu de gifles, à part celles du vent.Mais tout le monde avait les pieds trempés.On aurait du écouté maman.

Une vieille, cachée dans un coin, hurlait tout ce qu'elle pouvait à chaque coup de tonnerre.Elle n'avait même pas le temps de se préparer au coup de canon annoncé par l'éclair étant donné que l'orage etait sur nous.Pas la peine d'utiliser les 340 mètres par seconde que parcours le son pour localiser l'orage.Il était juste au dessus de nos têtes.

La cadence des cris de la vieille me faisaient rire.Ce n'était pas de la moquerie, je ne pouvais pas faire autrement.

Un zonard, sourire et clopes au bec avait l'air de s'amuser drolement au milieu de ce brouhaha, de cette atmosphère de fin du monde.

-" C'est avec des trucs de ce genre qu'on s'aperçoit qu'on est rien, qu'on est que poussière, qu'on est des merdes!" entendis je dire derrière moi

-"Ouais, ba causes pour toi mon gars" pensais-je

Moi j'avais un train annoncé avec 20 minutes de retard, j'allais loupé ma connection à Paris.Alors orage ou pas orage, merde ou pas merde, j'avais pas que ça à penser.

Arrivé finalement dans mon wagon, bondé de vacanciers sur le retour, de valises hors normes en travers des allées, je me frayais péniblement un chemin jusqu'à ma place, la seule encore libre dans ce train.

Sur le siège de droite une grosse dame semblable à une boule toute ronde me fit penser soudain à deux de mes tantes, à l'enveloppe corporelle similaire.

Sur mon siège, en plein milieu, il y avait une vielle trace de crotte qui ne s'avéra finalement pas être si vieille ni si solide que ça.

-"Putain!!! m'exclamais-je "Fais chier..."

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