Friday, July 06, 2007

Quand on est petit...

Quand j'étais petit et que je ressentais de la crainte dans n'importe quelle situation, mon père intervenait toujours, à sa façon, pour me rassurer.

Il avait une manière toute à lui de relativiser les évènements afin de me faire penser à autre chose, afin d'apaiser et faire disparaitre mes peurs.

- Papa, ya une bête bizarre sous ma chambre!

- Où ça?

- J'sais pas trop, j'crois que c'est là, en d'sous!

- Bon, tu sais c'que tu vas faire? Tu vas mettre tes deux mains sur ta tête et crier: "la bête est en d'sous, la bête est en d'ssous"!

Ca marchait drôlement bien!

A d'autres moments, quand je me retrouvais avec lui, face à des chiens agités et turbulents, donnant de grand coup de langue baveuse et aboyant tellement qu'ils en vomissaient leurs poumons, je me cachais derrière ses jambes puissantes et robustes.

Je m'y sentais en sécurité même si j'avais quand même un peu la trouille...Le sentant sûrement, mon père tentait de me tranquiliser par ces termes:

- T'inquiète pas! C'est pas la p'tite bête qui mangera la grosse!

Mais dans ces cas là, il persistait toujours une petite flippe, même minuscule, qui, d'un coté, m'empêchait d'atteindre la sérénité et de l'autre, m'obligeait à devoir me satisfaire que d'un mieux aussi gros fut-il!

Oui, à ma place, il me paraissait futil ce mieux car il m'empêchait de sortir du système du tout ou rien où l'on passe de la peur à la sérénité, sans chichi, sans copeaux. Comme dit ma mère:

- C'est net et c'est carré!

Aujourd'hui, j'ai essayé au mieux de rassurer ma petite fille de quinze mois quand elle a enfoncé ses petites griffes dans mes chairs à la vue d'un gros cheval dont le hennissement m'a également fait frémir:

- C'est impressionnant ce gros animal hein? C'est ça façon de parler! Rassure-toi, il est gentil!

- Ouaoua? Fit-elle, plus détendue.

- Oui, c'est un cheval ou une jument...attends voir...Ah oui! C'est un sacré cheval même!

Ma petite qualifie tous les animaux qu'elle rencontre ou qu'elle paerçois de la loin ou de prêt par ce fameux "ouaoua".

Il y a pas si longtemps, lors d'un pique-nique en Corse, elle s'égosillait tant qu'elle pouvait, voulant attirer notre attention:

- Ouaoua!! Ouaoua!!

- Ben? Ou ça? Lui a t-on tous demandé. Nous on voyait que dalle!

Puis, grâce à son petit doigt pointé vers le sol, nous nous sommes aperçus, que nous étions envahis de fourmis.

Ma femme s'est mise à hurler gentiment:

- Putain des fourmis! Faut qu'on s'barre!

J'ai choisi cet instant opportun pour lancer la fameuse:

- Mais détends toi! C'est pas la p'tite bête qui va manger la grosse!

Cela nous a fait beaucoup rire. Puis, pour revenir à notre petit pain béni, nous fûmes estomaqués devant sa vue perçante.

En fait, comme nous l'a si bien fait remarqué ma belle mère, du haut de son 0,80 mètre, elle a les yeux beaucoup plus prêt du sol que nous! Normal qu'elle les ai remarqué les fourmis avant nous!

Ce qu'elle remarqua ce soir,également, après une grande après-midi promenade, c'est ce petit insecte nommé "gendarme" , gambadant sur le sol ocre de la place du village. A sa vue, elle tenta de mettre son pied dessus, à ma grande surprise et peine.

- Ba pourquoi tu veux l'écraser? Il est gentil ce gendarme!

Ma soeur me fit remarquer qu'elle avait bien compris l'histoire de la p'tite bête qui mangera pas l'autre! Puis elle s'adressa à elle gentiment:

- Tu f'sais moins ta maligne tout à l'heure avec le cheval...Hein?

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